Mot des parrains

Gilles Jacob

Pierre X. Garnier me demande un mot d’introduction. Il va être fâché contre moi mais tant pis, je me lance: La volonté, la ténacité, la force de persuasion qu’il développe superbement pour faire vivre son festival 7ème lune (de miel) sont hyper touchantes et d’un grand courage. Ça y est, je vous l’avais dit qu’il serait furax! (Pierre, ta gueule).

Alors, le mot du parrain : ce festival est unique puisqu’il a pour but de mettre en lumière les jeunes réalisateurs de moins de 30 ans et venus de partout… Courts, longs métrages l’essentiel est qu’ils aient du talent et qu’un coup de main, de projecteur, d’enthousiasme leur soit donné.

Alors j’ai cherché une référence et je me suis dit : allons y gaiement et mettons la barre tout en haut. Donc la référence, c’est Citizen Kane. Orson, que j’ai bien connu, a fait son film à 25 ans. 25 ans! et à cet âge, il a révolutionné l’écriture du cinéma. Donc, chers amis, dites vous que chacun de vous est Orson Welles et comme lui continuez ce que vous avez déjà commencé : regardez des films, des films de toute l’histoire du cinéma: des bons pour vous stimuler, des moins bons pour voir ce qu’il ne faut pas faire, des mauvais qui ont vieilli (aucune importance) pour vous donner un élan de supériorité – ca aide aussi! Regardez les plusieurs fois, prenez des notes ou pas, écrivez vos propres scénarios; vous êtes tous des Orson en puissance.

Et si ça ne suffit pas pour vous donner un moral d’acier, faites comme moi: approchez vous de votre armoire, de votre vidéothèque ou de votre étagère : regardez les DVDs qui s’y trouvent, prenez les en main, caressez-les du bout du doigt, vous allez voir: un fluide de talent va vous parcourir et comme Lars von Trier quand il a enfilé, pour venir à Cannes la première fois, le smoking de Dreyer, vous allez vous sentir poussé, rempli d’idées et d’espérance!

Tous mes vœux à chacun et chacune d’entre vous,

Gilles Jacob
ex Délégué Général & Président du Festival de Cannes

 

Stéphane Foenkinos

DEUX MAINS

Demain. Après demain. L’an prochain. Aujourd’hui je ne veux penser qu’à l’avenir. Quand depuis des mois on est embourbés dans le présent, j’ai soif d’après. Soif de retrouver le chemin des salles de cinéma, le seul et unique lieu où je me sente en vacances, à l’école, dans un rêve ou en voyage. Voici plus d’une année que je suis insomniaque.

Les petits écrans aussi grands soient-ils ne remplaceront jamais le vrai. Alors je pense à deux mains, deux mains tendues vers la jeunesse, celle qui a tant attendu cet éternel printemps et qui mérite de retrouver la vie en grand. Saluons-là, célébrons-là et avec elle la force vive de la création avec les cinéastes de demain, toujours et encore demain.

Joyeux 8e anniversaire à 7 ème Lune et bienvenue dans la capitale, non loin du quartier des Batignolles où un certain François Truffaut a découvert le cinéma et tourné une partie de son premier film : Les 400 Coups… encore une histoire de jeunesse. A demain !

Stéphane Foenkinos
Réalisateur, Directeur de casting